Critique

Après "Le monde perdu" et "Amistad", Steven Spielberg s'attaque à un genre un peu oublié depuis quelques années : le film de guerre. Et plus précisément, le film de Seconde Guerre Mondiale. Il faut dire que c'est un thème qui lui est cher, puisque, outre son premier court-métrage qui traitait déjà du sujet, il a réalisé pas moins de 7 films ayant pour décor la Seconde Guerre Mondiale.

Avec un traitement spécifique des couleurs, un scénario reposant sur une histoire vraie et son ancrage historique, "Saving Private Ryan" est le prolongement logique de "La liste de Schindler". A une différence près : la puissance visuelle qui se dégage de "Saving Private Ryan". En effet, attendez-vous à être plongé directement dans l'horreur de la guerre dès les 25 premières minutes, avec la scène du débarquement.

"Je voulais que les spectateurs soient plongés dans l'arène, avec les soldats. Et non pas qu'ils assistent tranquillement dans leur fauteuil à un spectacle facile à regarder à distance" déclare Spielberg. Filmée tel un reportage, la première demi-heure choque, dérange et s'expose à nous sans concession. Une vérité crue qui déclenche d'ailleurs une polémique : démarche réaliste pour certains, violence gratuite sans émotion pour d'autres.

"J'ai voulu faire un film "anti-guerre", avec un message pacifiste : montrer la violence graphique pour en dénoncer l'absurdité. Mon intention était de resensibiliser le public" s'explique Spielberg. Ingénieux ou trop facile ? A chacun d'y trouver son compte.

L'un des points forts indéniables de ce film est l'interprétation solide : Tom Hanks et les autres acteurs ont d'ailleurs suivi, avant le tournage, un entraînement de préparation militaire sous l'égide d'un ex-marine. On parle déjà d'un Oscar pour Tom Hanks.

On peut reprocher au film ses simplifications historiques (il passe sous silence la présence de soldats autres qu'américains lors du débarquement), sa longueur (170 minutes) et la thématique peu variée. Mais "Saving Private Ryan" a le mérite de soulever des questions, de retracer une partie de notre Histoire et de transporter le spectateur dans un autre monde, un autre lieu, un autre temps. Et n'est-ce pas là le but essentiel du 7ème art ?

Vous trouverez d'autres critiques sur Mister W News.

Ciné Live n°16 Retrouvez le maximum d'infos dans Ciné Live n°16 (septembre 1998) : interviews de Steven Spielberg et Tom Hanks. Bande-annonce, photos, fiche technique, biographies et filmographies sont disponibles sur le CD-Rom inclus.

Vous pouvez vous procurer le magazine en kiosque ou sur le site de Ciné Live

[ résumé de l'histoire | fiche technique | le livre du film ]