Egypte : après 5 jours de coupure Internet, le trafic reprend doucement

Février 2011 - Arrêts sur l'actualité

Périmètre

    • Etude réalisée du 1er décembre 2010 au 2 février 2011
    • Périmètre de 17 sites web

 

Publiée le 03/02/11 – Une première historique : le vendredi 28 janvier 2011, les autorités égyptiennes, pour lutter contre la révolte populaire, coupent l’accès à Internet dans l’ensemble du pays. En une journée, le trafic web devient inexistant…

Le trafic des sites web égyptiens a cessé le 28 janvier pour ne reprendre que le 2 février 2011

L’ensemble des fournisseurs d’accès à Internet égyptiens ont coupé leurs services le vendredi 28 janvier 2011 au matin. Les autorités égyptiennes, après quelques jours de blocages ponctuels des services de télécommunications et de service web (Twitter, Facebook), ont adopté une méthode beaucoup plus radicale avec la coupure totale d’Internet dans le pays. Coupure qui aura duré 5 jours, le trafic ayant repris doucement le mercredi 2 février.

Le graphique ci-dessous présente l’indice de l’évolution moyenne de la fréquentation des sites en Egypte du 1er décembre 2010 au 2 février 2011.

On y voit très clairement l’arrêt quasi complet des visites du vendredi 28 janvier au mardi 1er février, suivi d’une légère reprise le mercredi 2 février 2011 :

Censure moins radicale en Tunisie

Si la Tunisie a connu une censure Internet pendant des années (elle faisait partie de la liste des « Treize ennemis d’Internet » publiée par Reporters sans frontières, tout comme l’Egypte), son gouvernement n’est pas allé jusqu’à l’arrêt total d’Internet lors de la Révolution de Jasmin.

Le graphique ci-dessous présente l’indice de l’évolution moyenne de la fréquentation des sites en Tunisie du 1er décembre 2010 au 2 février 2011.

Ainsi, si on observe bien le renforcement de la censure d’Internet, notamment avec une forte baisse de la fréquentation des sites web tunisiens quelques jours avant la chute de Ben Ali, Internet est toujours resté en partie accessible en Tunisie. Les Tunisiens s’en sont d’ailleurs servit autant qu’ils le pouvaient pour communiquer en temps réel sur le conflit, ce qui peut expliquer que le niveau de trafic moyen par site en ce début de février renoue tout juste avec le niveau mesuré au cœur de la révolution tunisienne avant le renforcement de la censure.

Afin de ralentir la révolte populaire, les autorités égyptiennes ont bloqué totalement Internet dans le pays durant 5 jours. Si, malgré la censure, Internet a contribué à la communication en temps réel et favorisé l’organisation des manifestations au sein de la révolte tunisienne, sa coupure en Egypte n’a pas pour autant été synonyme d’essoufflement du conflit, qui, bien au contraire, s’est amplifié. Sans compter sur les solutions via l’étranger qui ont permis à un certain nombre d’Egyptiens de rester connectés en bas débit…

Méthodologie

Nous nous intéressons dans cette étude à l’évolution moyenne des visites enregistrées pour un périmètre de sites web audités par AT Internet.

Lors de la constitution du périmètre, un site n’est retenu que si les critères de sélection mis en place sont respectés. Ces critères sont stricts, leur but est d’écarter les sites d’audience anecdotique, d’audience chaotique, ou dont les données collectées suspectent un dysfonctionnement dans la mesure.

Pour chaque pays, nous étudions la consultation des sites dont le trafic est majoritairement généré dans le pays considéré, et uniquement les visites réalisées depuis ce pays.

Méthodologie spécifique à l’indice d’évolution

Les bases respectives des indices quotidiens d’évolution de la fréquentation, pour chacun des sites, sont ajustées par optimisation, sous les contraintes suivantes:
- approcher la valeur 100, pour la base de l’indice au 01/12/2010.
- minimiser les écarts entre indices des différents sites sur la période des 4 premières semaines (mercredi 01/12/2010 au mercredi 28/12/2010). Ces périodes servent de références pour mesurer les tendances de stabilité du trafic avant les événements du mois de janvier.